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Promenade à Célestine || Saaïx

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MessageSujet: Promenade à Célestine || Saaïx Dim 3 Mai - 15:06



❝ Promenade à Célestine
• feat. Saaïx ♥ •



Cela faisait maintenant quelques semaines que la baron Théodor Hantar m’avait offert l’hospitalité. Je dois bien reconnaître que je fus tout d’abord étonnée : moi qui avais été chassé par mon propre frère, un noble qui n’était pas même de ma famille acceptait de me loger le temps que je retrouve le droit de gîte en mes terres. Ceci est d’autant plus étonnant qu’il sait pertinemment ce que je suis. Cela pourrait peut-être s’expliquer par son histoire, mais je le connais assez peu, à part ce que tout le monde sait déjà de lui. Quoiqu’il en soit, je lui suis redevable.

Je ne suis d’ailleurs pas la seule qu’il ait recueillie, peut-être est-il juste charitable. Il offre également l’hospitalité à un jeune homme prénommé Saaïx. Ce garçon est à peine plus grand que moi et semble un peu plus jeune. Je dis qu’il le « semble » car que je sais dire précisément son âge. Il a la peau grisâtre et plus notable encore, des petites cornes, ainsi que des oreilles en pointes. Je le soupçonne d’être une Raisonnance, comme moi. Ce serait la réponse la plus logique à son état. Moi-même, mes échos ont influé mon physique, même si c’est beaucoup moins voyant. Une paire de canine en pointe est plus facilement discrète que des cornes !

Comme pour le baron, je sais peu de choses sur lui. Ne pas lui poser de questions m’évite d’avoir à donner des réponses sur moi en retour. Il n’est pas désagréable, respectueux et poli. Bien que parfois, il ait… comment dire ? Quelques réactions estranges. Ce n’est jamais méchant, juste hors de propos. Un peu comme s’il ne savait pas comment se comporter et qu’il découvrait. J’imagine parfaitement que n’étant pas noble – il suffit de regarder ses vêtements pour s’en convaincre, il ne sait pas toutes les coutumes d’usage de l’ordre nobiliaire, mais cela explique-t-il tout ?

Dans le fond, qu’importe. Cela dit, à Naalyn fais comme les Naalynéens. Puisqu’il m’est sympathique, et que je n’ai rien d’autres à faire, je me suis prise de l’idée de l’aider à s’intégrer au mieux et cela commence par changer ses tripots. Si parfois il agit étrangement, il a eu la même réaction qu’a toute la gente masculine – ou presque – à l’idée de courir les boutiques. Il accepta une fois promesse faite de lui offrir un gâteau. Ma foi, voilà une corruption bien facile ! Un large chapeau sur sa tête plus tard, nous voilà dans les rues commerçantes chics de la cité.

« Nous arrivons. » Je lui montre une boutique au loin. « La boutique avec l’enseigne argentée et la bobine d’or. Je vais toujours ici pour m’habiller. » Lui dire le nom du tailleur serait peut-être plus simple, mais il s’avère que le jeune garçon ne sait ni A ni B. C’est aussi une autre raison de notre sortie, mais je ne lui pas touché un mot à ce sujet. Au château du baron, il n’y a rien pour débuter l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Il faut des livres faciles et des cahiers d’exercices pour que je puisse lui enseigner, mais nous verrons cela plus tard. « Des couturières prendront vos mesures, il faudra vous laissez faire. » Je préfère le prévenir, pour qu’il sache à quoi s’attendre.

« Bonjour. » fait le tailleur alors que la clochette tinte. « Mazette, cela fait des lustres que je n’avais pas eu le plaisir de vous voir. » Le tailleur m’offre un grand sourire chaleureux une fois qu’il m’aperçoit. « Bonjour Christian. – J’ai appris pour votre père, je vous présente mes condoléances chère comtesse. – Je vous remercie. » Je pousse doucement Saaïx d’une main dans son dos pour l’introduire. « Je viens pour mon ami. Je compte sur vous pour l’initier à la mode de Naalyn. – Certainement. »

Le regard du jugement terminé, le tailleur appelle ses couturières et va chercher quelques catalogues.  



Tenue:
 

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MessageSujet: Re: Promenade à Célestine || Saaïx Lun 4 Mai - 13:31


 

 


Une révérence étrange en pliages humain, des os craqués, de la chaire plissée sur un esprit malintentionné. Tel était l'impression que le Baron Theodor Hantar t'avait donné le jour de votre rencontre. Un peu de malice, d'animosité, doublé d'une intelligence remarquable et d'une aura particulièrement calme, le tout adroitement ficelé sur un corps d'homme robuste et froid. Il avait beau être petit, sobre, quoi que bien taillé, il t'avait d'un regard marqué la dorsale d'un long frisson d'effroi. Rare étaient ceux capables de faire de telles prouesses. Il avait ensuite, d'une main de fer, imposé certaines règles comme si sa dominance était devenue naturelle. Et tu l'avais accepté sans rechigner, sans lever griffes, sous tes propres conditions. Avoir un toit, un endroit « sécurisé » où tu pourrais venir te poser, sous le nez fouineur de l'inquisition.

Tel avait été votre « pacte » d'entente. Bien qu'il soit un démon et un puissant en plus de ça, il ne faillissait pas a sa tache de Baron de Naalyn. Ce qui fut tout a son honneur, car contrairement a toi, il avait observé un bon nombre d'humains et était apte a les tromper. C'est donc sous sa « juridiction » que tu as fais de son manoir un nouveau petit chez toi. Souhaitais-tu agrandir, toi aussi, ton territoire ? Non. Tout le ciel était tien, même  certaines montagnes avaient eus comme cicatrice des marques de griffes suggérant propriété.

Chez le Baron, ou plus précisément chez le Démon Hismaël tu n'étais plus monstre a écailles et aux crocs démesurés mais juste un petit garçon cornu au physique souffreteux. C'est sous cette forme, que tu affectionne tout autant que celle draconique, que tu as fais la rencontre d'une humaine. Si Hismaël connaissait sur le bout des doigts leurs moindre coutume, par habitude, tu ne t'étais jamais véritablement penché sur leur cas. Les seuls véritables sentiments que tu comprenais réellement étaient ceux que tu avais côtoyé depuis ton arrivé en Azuriel ; la vengeance, la colère, l'impatience la cupidité et la soif de pouvoir. Dés lors, tu t'étais montrer curieux aux autres aspects bien moins ignoble des facettes humaines. Et c'est sur une jeune comtesse que ton choix se porta ; bien qu'elle se soit en réalité imposée d'elle même.

•••

Eléonore D'Arc. Ma foi une humaine comme une autre aux mimique réservées et réfléchies. Il y avait cependant quelque chose chez elle que tu n'arrivais pas a décrire, quelque chose de particulièrement noir et mauvais, quelque chose que tu pouvais en soit comprendre et craindre, tout en étant attiré. Et surtout les innombrables bijoux qu'elle portait ici et là en parures étincelantes.

Cependant elle n'en restait pas moins humaine, fragile et faible par simple définition. Facilement dupée, elle ne semblait pas prête a croire que, peut-être, ton physique pour les moins étrange été lié de très près aux méandres des limbes. Aucun humain d'ailleurs n'avait envie de faire de cette hypothèse un fait et tous, sans exception s'étaient lovés dans la sécurité, dans la facilité, qui était connu sous le nom de Raisonnance. Soit, ce n'est pas toi qui va t'en plaindre.

Tout ça pour en venir a ce jour précis où cette humaine t'a délibérément entraîné dans les marchés de Celestine. Un endroit décrit comme saint et où réside la dite Papesse. Tu ne t'ai jamais véritablement intéressée a cette lignée de nobles qui pourtant a fait parlé d'elle plus d'une fois en ces dernière centaine d'années.

Un « Nous arrivons. » décrocha ton regard curieux et plein de méfiance du reste de la ville. Tu grognas, assez faiblement pour ne pas terroriser la populace mais assez distinctement pour qu’Éléonore comprenne ton irritation qu'en a cette idée saugrenue qu'était de changer tes habitudes vestimentaires.

Elle se mit alors a décrire la devanture de la boutique en question. Ne sachant ni lire ni écrire toutes les affiches, les façades et autres annonces murales n'avaient pour toi pas le moindre sens. Seuls certains dessins pouvaient te faire comprendre le sujet même des diverses échoppes agglutinées les unes contre les autres.

C'est en cherchant la fameuse bobine dorée que celle qui t'a forcée a venir ici impose une mise en garde. Tu sembles surpris, voir même mal à l'aise.

▬ Comment ça, me laisser faire ?

Le ton prit par la comtesse te semblait amusée, loin de l'autorité. Et pourtant rien de tout ce qui allait arrivé n'aurait put te traverser l'esprit. Après une légère sonnerie, vive et clinquante que tu cherches a identifier a tout prix, comme un de ces animaux intrigués, une couturière s'empresse d'attirer ton attention. Tu n'avais rien d'un noble et ce n'était pas avec ces vêtements vulgaires que tu serais traité comme tel, mais être accompagné par une si belle dame comporte quelques changements.

Entre dégoût et indiscrétion, les confectionneuses se hâtèrent a prendre tes mesures, a t'arracher tissus sur tissus. Tu n'es pas « normal » et les jeunes filles l'ont bien remarqués. Tandis que deux d'entre elles se regardent dans le blanc des yeux en hésitation craintive face a ton dos parsemé d'écailles, la troisième ne s'attarde pas sur ce que les humains qualifieront de défaut et s'abaisse pour prendre ton tour de taille. Tu lèves les bras par réflexe mais ne la lâche pas du regard, par pur scepticisme. Tu as la peau dur et épaisse, mais étrangement les aiguilles sur son poignet en hérisson mal dressé te perturbent.

- « Arrêtez donc de gesticuler...  - un instant d’hésitation, des regards, des sourires, des signes codés et elle reprend - ... sir. »

Le « gardien » du magasin, qui répondait au nom de Christian apporta ses catalogues pour te proposer des modèles divers et variés. D'un froncement de sourcil tu lui fais comprendre que là, tout de suite, tu en as clairement rien a faire de ses bouquins et sans dire un mot, si ce n'est un petit glapissement de surprise, il revient vers Eléonore. - «  Qu-que pensez vous de celui ci ? »

Que cette journée risque d'être longue... C'est bien parce qu’elle t'a promis un gâteau que tu la laisse te trimballer partout. Humpf.


 
© MUSCLOR.
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MessageSujet: Re: Promenade à Célestine || Saaïx Mar 5 Mai - 13:32



❝ Promenade à Célestine
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Je laisse Christian chercher les catalogues de sa collection masculine pendant que les jeunes filles s’occupent de Saaïx. Ma foi, mes services n’étant pas requis pour le moment, je vais m’asseoir sur le fauteuil en face de la cabine où le jeune garçon se fait mesurer sous toutes les coutures possibles et imaginables. En mon fort intérieur, je prie pour que les filles ne remarquent rien d’estrange et que ce sauvageon n’ait pas la bonne idée de les inviter à penser qu’il y a bel bien quelque chose en lui qui le différencie des hommes ordinaires. Hélas mes espoirs partent en fumés quand j’entends une des filles chuchoter à une autre, alors qu’elles étaient partis chercher quelques outils de couturières, qu’il y en en effet une bizarrerie chez lui. Ne me dites pas qu’il a enlevé son chapeau ?

Il ne me faut cependant pas longtemps pour comprendre que ce n’est pas de sa tête que vient le problème. Christian vient me voir, catalogue en main, en laissant le rideau ouvert. Je soupire tout d’abord du peu de bonne volonté dont fait preuve Saaïx avant de deviner le problème en constatant qu’il ne lui reste guère plus que le chapeau et un sous vêtement en guise d’habit. Il a donc d’autres marques sur son corps ? Je pensais qu’il suffisait de cacher sa tête. Pourquoi diable ne m’a-t-il rien dit ? Surtout, pourquoi s’est-il laissé dévêtir à ce point ? Faut-il donc que je surveille ses moindres mouvements ? Les filles sont habituées à voir toutes sortes de personnalités, il lui suffisait de dire qu’il est pudique et elles lui auraient laissé quelques grammes de tissus. Soit, c’est de ma faute, mais n’ayant jamais vu le jeune garçon si peu vêtu et ne lisant pas l’avenir dans les feuilles de thé, je ne pouvais guère le deviner !

« J’aime beaucoup. » Christian et moi nous attelons donc à la tâche de choisir des tenues pour Saaïx à sa place, mais je ne peux m’empêcher de le surveiller d’un œil, pour m’assurer qu’il ne fasse pas de bêtises. Une des filles vient donner les mensurations du garçon. Christian les consulte avec de décréter : « Nous pouvons faire cette tenue aujourd’hui, nous avons déjà des pièces plus ou moins à sa taille. Il suffira d’ajuster et cela lui ira comme un gant. Pour le reste, il faudra revenir… disons fin de semaine. Par ailleurs, depuis récemment nous collaborons avec un cordonnier d’Esteria, nous devrions pouvoir lui trouver une ou deux paires de souliers. » Parfait ! Je ne me vois pas trainer Saaïx chez un cordonnier. Même s’il a accepté cette escapade contre un gâteau, mon petit doigt me dit que sa patience a une certaine limite pour ce genre de choses. Christian me propose deux modèles de souliers que je valide. « Parfait, faisons comme ça. »

Pendant que les couturières enfilent à Saaïx chemise, veston et font les ajustements nécessaires, je réfléchis à la manière de rattraper l’impression qu’il leur a donné. J’ai toute confiance en Christian qui m’habille depuis ma plus tendre enfance, mais je crains que ces donzelles-là soient un peu trop enclines au commérage. S’il serait facile de les dissuader après quelques ponctions de sang, une méthode plus douce me semble préférable. « Qu’en pensez-vous ? » La voix de Christian me sort de mes pensées et je porte mon attention sur Saaïx en tenue élégante. Du moins pour le haut du corps ! Je viens vers lui et d’un signe de main, j’invite les couturières à s’écarter. Je passe ensuite mes mains sur son col de chemise, puis les glisses sur le veston avant de passer des épaules aux manchettes où je lui effleure les mains. Je ne peux que constater la chaleur que dégage son corps. Ce n’est certes pas la première fois que je le remarque, mais cela m’intrigue toujours autant.

« Vous êtes beau comme un cœur. » Doux compliment, pourtant dit de ma voix impassible habituelle. « Ne me contredisez pas et vous aurez deux gâteaux. » Ce n’est pas tant ma première petite phrase que je ne veux pas voir contredire, mais la suite. Je te regarde fixement dans les yeux. Tu as intérêt d’être bien sage ou tu seras privé de gâteaux. L’espace de quelques secondes, un voile obscure passe dans mes yeux. Je ne contrôle pas cet effet secondaire de mon don, mais il faut avouer qu’il se manifeste à point nommé. Dans une cascade de boucles, je me détourne ensuite pour laisser les couturières s’occuper du bas.

Pendant ce temps, nous discutons avec Christian. J’en profite pour mettre mon plan à exécution. Ainsi, je lui apprends que tu es un pauvre garçon dont le village, à la périphérie des terres du baron Hantar, a récemment été décimé et que tu as été blessé pendant l’attaque. Homme bon et juste, le baron offre le gîte à l’unique miraculé de ce massacre et je me suis portée volontaire pour l’aider à s’occuper de toi. Je parle suffisamment bas pour donner à ce mensonge des allures de secrets, mais suffisamment fort pour que la couturière qui range les catalogues nous entende. Le « Oh, le pauvre chou ! » qu’elle nous adresse à voix basse me confirme qu’elle a entendu. Bien, je ne doute pas qu’elle racontera cela à ses amies une fois que nous serons partis.

Complice malgré lui de mon petit tour, Christian me tend le catalogue de sa prochaine collection féminine pour changer de sujet. « J’aime beaucoup cette robe. – Vous avez toujours eu bon goût. – Vil flatteur. »

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