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Aussi lumineux que le soleil {William}

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MessageSujet: Aussi lumineux que le soleil {William} Jeu 30 Avr - 11:24




Flash Back






Ma cellule était loin d'une cellule de prisonnière de guerre. Mon espace de vie était plutôt semblable a une chambre de princesse. A la différence que je n'avais de fenêtre. L'inquisition ne voulait pas que je prédise entre les murs de ma chambre. J'étais coupée du vent. J'étais prisonnière de ces quatre murs, de cette inquisition qui n'avait besoin de moi que pour leur propagande. Je me sentais insignifiante.

Le seul bon côté que j'avais en ces lieux, c'était la visite de mon frère, devenu mon protecteur. Il avait gravit les échelons pour devenir mon héros, à la barbe de la milice. Il jouait son double jeu d'une main de maître. Et grâce à cela je pouvais le voir quelques heures par jour. Il garantissait mon éduction bien me que le mestre que l'on m'avait assigné à ma venue dans le quartier général.

Avec mon frère, j'apprenais à lire toute sorte de chose, j'apprenais à réfléchir par moi-même et j'apprenais à rêver. Avec mon précepteur mestre, j'apprenais chacune des histoires de Panome, j'apprenais à contrôler mon don, j'apprenais à être une bonne croyante et une bonne icône pour bien parler devant le peuple.

Ce jour-là, j'avais enfin l'âge d'être une adulte. C'était mon anniversaire, mon frère me l'avait dit, il se souvenait de ma date de naissance. Alors je l'attendais. J'étais impatiente de le voir. Il est difficile d'expliquer à quel point je l'aimais. Je l'aimais peut-être même plus que Panome... Je voulais tant partir loin dans ses bras, avec lui, loin... Rester ma vie entière à ses côtés. Est-ce pour ça que Panome m'a punit aujourd'hui? Ai-je trop aimé un autre que lui? Ai-je mérité ce qu'il m'arrive?

La porte s'ouvrit. Je sautai du lit prête à accueillir mon aîné comme je le faisais à mon habitude. Mais ce ne fut pas lui qui entra dans mon entre. Je baissai la tête, m'inclinant un peu devant la personne qui me faisait face. Je ne voulais pas croiser son regard. J'étais effrayée par une telle personne.

« Que me vaut cet honneur, Général? »

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Jeu 30 Avr - 15:14


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel


Le soleil se levait doucement sur la ville de Célestine, et si la plupart des gens dormaient encore, il régnait déjà depuis quelques heures une douce agitation au sein du quartier général de l’inquisition. En général, pour que les soldats bénéficient de temps libre durant la journée, l’entrainement de l’infanterie se terminait avec le lever du soleil. Les instructeurs libéraient les troupes pour qu’elles puissent vaquer à leurs travaux d’intérêts généraux et à leurs tâches habituelles et le brouhaha, le bruit du fer battant le fer, les discutions… Tout cessait. C’était le moment préféré de la journée du Général Rosace. Il terminait son entrainement, patientait pendant que tout le monde s’en allait se changer, effacer la transpiration avec une douche ou simplement se rendait au réfectoire pour casser la croute, et puis, il restait là, au milieu de la cour, le silence envahissant son esprit, le vent courant dans ses cheveux, le faisant doucement frissonner. Pendant cette minute, il apprenait chaque matin à faire le vide, à oublier toutes les horreurs qu’il avait vues dans sa vie de soldat. Il avait besoin de cette minute, une fois de temps en temps, pour que Panome se rappelle à lui, pour que sa tête pense à autre chose que les plans d’attaques, les limbes, les raisonnances. L’inquisition. Puis dans un grand soupir, il réintégrait la réalité, redevenait général de l’inquisition, redevenait sans merci, sans émotion, sans peur et sans reproche, retrouvais son sourire de composition, narquois et sadique, et gonflait les muscles. Il redevenait l’homme craint de tous, donc les exploits faisaient l’objet de plusieurs sujets de livre et dont les chansons résonnaient aux quatre vents.

Le général ainsi recomposé prit une grande inspiration. Aujourd’hui était la veille d’une grande cérémonie, aussi dangereuse qu’utile. Demain, il allait devoir coller aux basques de la petite Azalée, Oracle, qui écoutait parler le vent. Le vent. William ignorait totalement comment ça fonctionnait, mais il aimait bien la gamine. Elle était un peu paumée, ne connaissait rien du monde, mais elle avait été choisi par Panome le tout puissant. Et ça signifiait qu’elle devait rester enfermée des jours et des jours dans une pièce sans fenêtres, au cœur de la forteresse de la papesse. Le général était un peu désolé pour cette pauvre fille. Même s’il fallait ôter la liberté de quelques personnes pour le bien de plusieurs millions, ce qu’il comprenait très facilement, il ne voyait aucun problème au fait qu’il fallait les dorloter un peu. Il tapota la poche de son pourpoint. Le petit coffret était toujours là, a sa place. Il avait fait faire un petit coffret en or, sillonné de petits canaux de cristaux couleur rubis. Le coffret valait déjà énormément, mais le contenu était une œuvre d’art d’une rare finesse, tout à fait adapté au 18 eme anniversaire d’un oracle. C’était une sculpture en verre, assez petite pour tenir dans le creux de la main. Elle représentait un oiseau, coloré de plusieurs couleurs, qui portait quatre toutes petites boules. Sa particularité, en plus de la difficulté de création d’une telle pièce de maitre, avait été d’enfermer dans chacune des sphères que portait l’oiseau, l’air et le vent de chaque archipel de la contrée d’Azuriel. Elle n’avait normalement aucun droit d’écouter le vent, mais le général n’en avait cure. Avec un sourire, plus sincère, cette fois, il entama la montée des marchez vers la chambre de sa jeune protégée. Il déposa ses armes à l’entrée et comme à son habitude, une mine déçue et apeurée l’accueillit quand il déboula sans frapper dans la chambre.

"Que me vaut cet honneur, Général ?"


"Joyeux anniversaire, Azallée, fit William en se courbant largement devant elle, pour autant pour marquer son respect que pour dire bonjour. Comme toujours, l’honneur est pour moi. Je sais que je n’ai pas l’habitude de me démarquer par ma gentillesse, dit-il en se redressant, mais tu as 18 ans aujourd’hui. Il lui tendit la boite or et rouge. Ce qu’il y a là-dedans doit rester un secret entre nous. Il faut aussi que nous parlions de ta sortie de demain, face au peuple."
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Jeu 30 Avr - 16:27




Cadeau






Je fis des yeux ronds malgré ma peur de cet être. Je relevai la tête intriguée et méfiante. Un cadeau de cet homme, c'était pour le moins particulier. Que m'avait-il donc préparé? Il tendit une boîte, très jolie et surtout extrêmement précieuse. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre face à un boîtier aussi merveilleux. C'était d'une rare finesse et l'intention était pour la moins attendrissante venant de sa part... La suite me plu moins. Il me rappela ma sortie du lendemain, celle que je redoutais de tout mon cœur. Celle où je serais le jouet de la Papesse et de l'inquisition. Celle où je devrais faire bonne figure devant le peuple d'Estéria.

Par respect, j'attrapai la boîte qu'il me tendait toujours et je le remerciai avec un mince sourire gêné. Mais je ne savais pas trop quoi faire de plus, devais-je l'ouvrir devant lui, devais-je attendre qu'il soit sorti? Devais-je le remercier plus? Qu'attendait-il en m'offrant un tel présent?

Je lui lançai un petit regard interrogateur tout autant qu'intimidée. Sa présente me mettait mal à l'aise. Puis, malgré les murs, les gardes qui passaient devant ma porte avait une langue bien pendue sur l'élégant général, surtout en ce concernait les actes de guerre et les femmes... J'avais dix-huit ans, alors attendait-il quelque chose de ma part de plus qu'un merci? C'est vrai que sa réputation m'était arrivée jusqu'aux oreilles.  

« Je... je vous remercie, Général... »

Je me sentais stressée, oppressée. La peur de cet homme ne me permettait pas de réfléchir correctement. Je n'avais pas encore ouvert la boîte que je commençai à retirer le voile qui couvrait mes épaules. Après tout, si je devais passer par-là... Autant en finir vite.

J'espérais que Panome ne me regarde pas à ce moment-là et qu'il me pardonnerait mes actes.

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Jeu 30 Avr - 17:00


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel


"Je... je vous remercie, Général..."

"Je t’en prie."

L’oracle avait l’air penaude et stressée. Comme à son habitude, elle évitait soigneusement de regarder le général dans les yeux, ou même de simplement croiser son regard. Elle avait toujours du mal à s’exprimer face à lui, pour une raison qui échappait totalement au Général. Il reconnaissait qu’il faisait peur, oui, sa réputation arrangeait bien les choses en ce sens-là, mais il n’avait jamais mal traité la demoiselle qu’il avait sous les yeux. William aimait bien les enfants, et pour lui, Azalée serait toujours un enfant. Quand elle commença à retirer son voile, la honte et la peur se lisant sur son visage, il se racla la gorge.

"Azalée, tu me fais quoi, là ?"

L’étonnement passé, il se leva brusquement et replaça, un peu trop sèchement, le voile sur les frêles épaules de l’Oracle. Il s’accroupit face à elle, lui prit le visage dans les mains et l’embrassa doucement sur le front.

"Je ne suis là que pour te souhaiter un joyeux anniversaire, jeune fille. Tu es précieuse pour tout un tas de gens, mais ces gens oublient qu’ils ne seraient rien sans toi. Moi pas."

Il lissa doucement les cheveux roux de la demoiselle d’un revers de la main qu’il voulait rassurant et se leva avec le sourire. Il regarda la jeune fille de toute sa taille, se demandant ce qui lui était passé par la tête pour penser ce genre de choses. Avec un soupir, il lui fourra le petit écrin dans les mains.

"La papesse ne voulait pas t’en informer, mais je te sais courageuse, et en tant que Général, j’estime que tu dois être au courant. Il y a de fortes chances pour qu’il y ait un souci avec la foule demain, c’est pourquoi j’assurerais ta sécurité en plus de la garde habituelle. Le simple fait que je sois présent devrait dissuader toute tentative de quoi que ce soit, mais dans le pire des cas, je veux que tu écoutes attentivement mes ordres. Je sais que tu peux faire abstraction de tout ce que tu crois savoir de moi, juste pour la journée de demain, et que tu peux me faire confiance le temps de ta sortie. Tu pourras me détester autant que tu veux après."

Sans attendre de réponse de la part d’Azalée, le Général se dirigea d’un pas lourd vers la porte.


"Ce qu’il y a dans la boite devrait te donner du courage, ma chère. Je sais que je n’ai pas besoin de t’expliquer ce que c’est, tu vas le sentir toute seule. A demain, fit-il en sortant."
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Jeu 30 Avr - 23:55




Cadeau







Je sursautai. Interrompue. Paniquée. Avais-je fait une nouvelle erreur ? Je levai un peu mon regard. Il semblait désolé mais irrité et replaça mon voile immaculé sur mes épaules. Je ne sus quoi répondre à son interrogation. Je ne savais pas moi-même. Il se mit à genoux et attrapa mon visage. Je me figeai, encore effrayé. Cet homme aurait pu me faire n’importe quoi, il aurait pu me briser en un instant mais il fit preuve d’une très grande douceur. Il m’embrassa sur le front comme un père le ferait à son enfant. J’étais stupéfaite par cette scène. C’est vrai que cet homme ne m’avait jamais touché, jamais grondé, il avait toujours fait preuve de beaucoup de compassion pour ma personne. Mais il m’avait toujours effrayé. Peut-être parce qu’à cause de lui et ses pairs, je n’avais pas eu droit une enfance normale, comme celle que je pouvais observer quand je faisais mon apparition devant la foule. Je n’avais rien de personnel contre cet homme mais il faisait partie de l’inquisition, et rien que cela me faisait trembler. Puis il avait une certaine autorité naturelle, me faisant trembler de tout mon être. Mais à ce moment, lors de son baiser, je me sentis apaisé et calme, pour la première fois en sa présence.

« Je ne suis là que pour te souhaiter un joyeux anniversaire, jeune fille. Tu es précieuse pour tout un tas de gens, mais ces gens oublient qu’ils ne seraient rien sans toi. Moi pas. »

Je le regardai. Je ne m’étais jamais sentie comme précieuse ou même indispensable dans le bon fonctionnement du monde ou même pour la vie des gens. Je savais juste prédire quelques brides d’avenirs. Quelques évènements importants et je priais énormément. J’étais perplexe par ses paroles. Si lui n’oubliait pas, c’était juste parce qu’il avait besoin de moi pour la propagande de l’inquisition, je le savais très bien. Mais ses paroles me firent afficher un minuscule sourire.
Il caressa une de mes mèches et me donna le joli contenant doré et rouge. Il continua à me parler de l’événement qui allait survenir le lendemain. Ma gorge se serra. Il parla tranquillement, comme l'aurait fait tout bon général.

« Je vous remercie, Général, pour tout le mal que vous vous donnez pour la protection de ma personne.  »

Je lui fis un geste de tête à sa sortie. Lorsque la porte se referma, je tombai à genoux dans ma chambrée, soulagée. J'ouvris enfin la petite boîte aux couleurs chatoyantes et je découvris une magnifique parure en forme d'oiseau. Un colibri. Fragile, petit mais si vif.

Je la contemplais d'un regard tendre et la manipulais avec grand soin. L'objet était d'une rare beauté, aussi fragile qu'un bourgeon. Je sentais émaner de ce délicat travail une énergie intente qui me prenait aux tripes. Je sentais le vent danser dans mon être au contact de ce doux objet. Voilà un cadeau que je ne perdrais pas. Un allié de taille pour des situations désespérées. Je relevai mes yeux vers la porte.

« Merci, Général Rosace.  »

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Ven 1 Mai - 3:16


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel - Jour 2



Le reste de la journée se passa comme d’habitude. Après sa visite de joyeux anniversaire à l’Oracle, il se rendit au mess des officiers pour prendre un petit déjeuner complet, puis remonta dans son bureau pour s’occuper des dossiers disciplinaires de ses soldats.  Il fut évidemment dérangé une douzaine de fois dans la matinée, et après avoir incendié une pauvre recrue qui proposait simplement de passer un coup de balai dans son bureau, il se retira dans ses appartements privés pour étudier quelques cartes. En définitive, il sauta le repas de midi et ne sortit de sa chambre qu’après le coucher du soleil. Il descendit prendre un encas aux cuisines, on ne lui refusait plus l’accès depuis qu’il était lieutenant, et remonta pour dormir, d’un sommeil qu’il espérait sans rêves. Loupé.

___

La mer était rouge. Le sable était rouge. Le ciel était rouge. Même le gout de l’eau salé dans ma bouche avait un gout de rouge. Je crachotais, toussais. J’avais l’impression que mes poumons se détachaient de ma poitrine pour se faire la malle. Après presque deux minutes à dégobiller tripes et boyaux, je réussis enfin à me reprendre et à me lever. La gourde à ma ceinture avait disparu, forcément. Bah, tant pis. Autour de moi, les débris de du paquebot de croisière –c’est quoi un paquebot…- étaient étalés de façon plus qu’anarchique. C’était comme si les débits avaient des débris. Une vague amena un cadavre près de moi. Repoussant mon dégout au plus profond de moi, je lui fis les poche et récupérait quelques piécettes, un révolver –c’est quoi un révolver…- et la photo détrempée d’une femme que je ne connaissais pas. Il y avait une adresse au dos, ça me serait surement utile pour plus tard. Comme j’étais visiblement le seul survivant, j’allais me mettre en route vers l’intérieur de l’ile, pour explorer, trouver de la nourriture, trouver un endroit pour établir un camp de base, peut-être faire des signaux pour qu’un avion –c’est quoi un avion…- puisse me repérer. C’était sans compter sur le moteur du bateau qui explosa, envoyant valser le sable, les débris et mon corps sans vie…

___

William se réveilla en sursaut. Il avait l’habitude des rêves étranges, voire carrément flippants, mais là, ça dépassait l’entendement. Se passant une main sur le visage, l’homme se leva. Il n’avait plus envie de dormir après ce rêve agité, qu’il ne pouvait même pas définir comme un cauchemar. Il soupira, se servit un verre d’eau, repensant vainement à ses choses étranges qu’il avait vues en rêve. Bah, tant pis. La lune était encore haute dans le ciel et la fatigue ne viendrait plus lui rendre visite maintenant. En tant que bon soldat, il avait l’habitude des marches forcées de nuit, de la fatigue qui s’accumulait, des douleurs musculaires et des microsiestes au moindre temps d’arrêt. Cela ne le dérangerait pas de ne pas dormir, même si la journée d’aujourd’hui était importante.

Ses appartements privés disposaient d’une douche, aussi se permit-il de passer 30 minutes sous l’eau chaude pour évacuer les quelques vieilles douleurs qui se faisaient ressentir dans son corps qui commençait à vieillir de plus en plus vite, lui semblait-il. Une fois fait, il entreprit d’astiquer son armure de cérémonie, une chose magnifique, aux couleurs de Naalyn, mais qui ne protégeaient de rien, ce qui obligeait son porteur à porter une double couche de cotte de maille dessous. Moins qu’une armure, c’était plus un plastron d’acier agrémenté de morceaux de tissus, de dorures, de filins colorés... Et de son grade, rayonnant sur ses épaulettes. Quand il fut satisfait de la lueur qu’elle renvoyait, il l’enfila, non sans rajouter quelques couches de protections au préalable.

Il descendit aux cuisines, pensant être le seul debout. C’était sans compter sur la relève de la garde de nuit. La vingtaine de soldats salua le général, qui leur fit signe de rester assis. Il récupéra sa nourriture et s’installa avec les gars. Parler fait toujours passer le temps, et bien que le général a une réputation à tenir, il entretenait de très bonnes relations avec ses hommes, allant même parfois à transgresser le règlement et à récupérer des tours de garde pour lui-même afin de permettre a certains pères de famille de partir plus vite en permission. Il était peut-être un monstre sur le champ de bataille, et son rôle de général lui interdisait de trop faire ami-ami, mais jamais il ne priverait l’un des braves soldats du rang d’accéder à un quelconque avantage.

Il passa le reste de son temps libre entre la bibliothèque du bâtiment, se brûlant les yeux en essayant de déchiffrer des petits caractères a la lumière d’une torche, et l’armurerie, ou il passa en revu une centaine d’épées d’infanterie, dont il jugeât l’état tout à fait acceptable. Il vu la fin de son supplice d’attente quand le soleil se leva. Il se posta au milieu de la cour et attendit que tous les soldats se mettent en rangs organisés devant lui. L’inquisition allait assurer une grande partie de la sécurité aujourd’hui, alors il fit un discours en conséquence, distillant conseil pratique et ordres, brandissant haut la protection de la papesse et de l’oracle et concluant par des encouragements. Il donna ensuite le commandement à son second, qui répartit les différents soldats aux différents points à sécuriser. Lui avait un travail bien plus important à faire.  

Il s’éclipsa en direction de la chambre d’Azalée et, une fois n’est pas coutume, frappa à la porte en arrivant devant.
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Ven 1 Mai - 15:28




Jour J






↑ Tenue officielle

Je passai le reste de ma journée à prier. Mon précepteur vint me rendre une visite pour me préparer aux visions que j'aurais le lendemain. Il était vrai que j'allais devoir lire l'avenir de plusieurs personnes dans la foule. Mais je devais chasser tout négatif. Je ne devais dire que ce qui était bon, que l'agréable pour ne pas faire peur à la populace. L'idée n'avait jamais été plaisante mais je devais suivre les ordres.

Le jour de mes dix-huit ans, je ne pus pas voir mon frère. Il avait été assigné à une autre mission. Je supposais qu'il devait se ménager pour le lendemain, après tout, il faisait partie de ma garde rapprochée tout comme l'était le général. Au final, je priai encore une bonne partie de ce que je pensais être la soirée. Et je finis par revêtir mon habit de nuit.

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J'avais passé une nuit désagréable. Me tournant et me retournant dans mes draps. J'avais pourtant tout essayé, comptage de moutons, vide dans mon esprit, relaxation, mais rien n'y fut. J'avais donc fini par regarder le plafond, tout en tenant la petite broche des quatre vents contre ma poitrine. J'aurais presque su l'entendre... le vent. Je ne comprenais toujours pas pourquoi le général avait pu faire un tel encart. J'essayais de comprendre ses raisons mais je n'y parvenais pas. Mes pensées vagabondèrent puis je suppose que je finis par m'endormir tant bien que mal vu que lorsque j'ouvris les yeux, l'on frappa à ma porte.

Mon frère entra et me salua de son joli sourire. Le voir était pour moi un des plus grands réconforts pouvant exister. Il vint m'embrasser et me prit dans ses bras pour me réveiller calmement.

« Le mestre va arrivé pour te préparer. Je voulais être sûr que tu sois déjà éveillée pour ce vieux ronchon. »

Je souris. C'est vrai que mon précepteur n'étais pas du genre à plaisanter et à perdre son temps pour des futilités comme le réveil. Mon frère m'apporta mon linge de base, celui que je portais directement sur ma peau. Le costume officiel pour cette journée, c'était mon maître qui allait me l'enfiler, question de tradition.

« Tu es de plus en plus belle chaque jour, chère sœur. »

Je rougis. Il m'embrassa la main et ressortit avant l'arrivée de mon précepteur. Mon cœur palpitait. J'aurais tant voulu plus que ces quelques paroles... L'homme suivit et me fit enfiler la langue robe bleutée ainsi que le voile couvrant mes cheveux. Une fois apprêtée, une nouvelle personne frappa à ma porte.

« Entrez. »

Le mestre vint se tenir à mes côtés. J'étais prête à faire face à la foule.

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Ven 1 Mai - 19:25


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel - Jour 2



- "Entrez."

William ouvrit la porte, s’attendant à trouver l’Oracle avec tout un tas de gens important, une garde déjà présente, peut-être même la Papesse en personne. Au lieu de ça, ne se trouvait dans la pièce qu’une Azalée resplendissante dans son habit bleu et son vieux mestre, qui salua le général d’un coup de tête. William se courba pour présenter ses hommages et ses respects, comme toujours, et fit signe à l’Oracle de le suivre, avec un sourire compatissant. Ils traversèrent les couloirs en silence, descendirent des marches, et se retrouvèrent bien vite devant les grandes portes closes de la tour. Il s’assura que tout était sécurisé de l’autre côté de la porte puis ordonna l’ouverture. Le soleil pénétra dans le hall, lui vrillant les yeux au passage. Pendant quelques secondes, il fut ébloui, puis put apercevoir la foule qui commençait à s’agiter, à pousser et à crier pour attirer l’attention d’Azalée.

Avec un soupir, il donna un petit coup de tête pour qu’Azalée se déplace. À partir du moment où elle passa à côté de lui, il devint son ombre. Une main bien en évidence sur le pommeau de son épée, il lui colla au basque, cherchant le moindre petit détail qui ne lui plaisait pas dans la foule. Il se tendait quand Azalée passait trop proche des gens, se détendait quand la garde rapprochée éloignait les badauds… Ils arrivèrent bien vite à la première étape du périple dans la ville : la place principale. Ils avaient aménagé une estrade, avec une aisance toute naturelle, ils montèrent dessus. Et comme à toute la sortie d’un oracle, William devait faire son devoir de général. Il se plaça au bond de l’estrade, imposant le silence à la foule de sa seule présence. Il délogea le rouleau de parchemin qu’il avait coincé dans son armure, le déroula, et commença son discours.

Ce fut, un bon discourt. Il parla avec emphase pendant une bonne demi-heure, déclamant son amour pour Panome, parlant des ennemis et du mal, de peur et de reproches, déclamant avec force et emphase que la protection des citoyens était la seule chose qui important, et passa même quelques minutes à répondre aux questions de la populace. Quand il en eu marra, très rapidement, il annonça que l’Oracle allait recevoir quelques élus sur l’estrade. Il se retira sur le fond de la scène. Azalée allait sélectionner les heureux élus, qui seraient fouillés avant de monter pour se placer à côté d’elle et passer un petit moment privilégié avec la star du jour. William se tiendrait personnellement très, très proche d’eux. Il placerait aussi deux soldats devant la scène pour éviter les mouvements de foule intempestive. Tout allait bien se passer, il en était sûr.
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Ven 1 Mai - 21:12




Doux messages







Il est bientôt l'heure
Nobles voyageurs
D'écouter parler
La douce Azalée

Oracle du vent
En l'instant présent
Entend les prières
Oh grande Messagère

Fille de Panome
Notre bien aimé.


Je suivis le général le long des couloirs de ma tour. Plus nous descendions, plus je sentais l'air me caresser la peau. C'était si bon. Nous arrivâmes enfin devant la grande porte de ma haute tour, prêt à sortir. Mon cœur se serra tout comme mon ventre se noua. C'était un exercice compliqué que de se mêler à la foule. J'entendais déjà les villageois hurlés de joie suite à ma venue dans les rues de la ville.

Lorsque les portes s'ouvrirent, je sentis le soleil sur ma peau, la chaleur qu'il me procurait était douce et rassurante. C'était surement une des seules choses de bien dans cette journée, c'était que j'allais enfin un peu profité de l'air frais.

Je me déplaçai à l'avant du cortège. Prête à faire face à la populace. En quelques instants, les pensées de chacun se bousculèrent. Les mots que le vents me faisaient parvenir me touchait au plus profond de mon cœur. J'étais happée par tant d'émotions, qu'il m'arrivait de m'étourdir et de m'approcher un peu plus de la foule. Les soldats me rappelaient à l'ordre, dont mon frère qui gardait un œil attentif. De temps en temps, je me permettais de toucher une ou l'autre personne pour leur donner du courage. Leur avenir parcourait mon corps et me glaçait le sang. J'essayais de garder mon calme et mon sourire. Ne pas prendre une mine paniquée, quel que soit le futur de ces personnes. Je devais faire suivre les bonnes nouvelles. Juste les bonnes...

Nous arrivâmes à la première étape de ma journée, après plusieurs rues. Ce fut le général Rosace qui prit la parole en premier. Il se voulait confiant et plein de bonnes intentions. Les gens l'écoutaient avec attention et admiration. Moi, je gardais juste le sourire d'une oracle. Juste une bonne figure. Rien de plus, rien de moins. En vérité, je n'écoutais pas spécialement le discours du général. Je me concentrais sur autre chose, de bien plus... perçant. Quelqu'un m'observait, non quelqu'un me fixait durement. Ne rien laisser paraître. Un frisson me parcouru le corps. Le vent me soufflait que je devais rester sur mes gardes. Mais le Général n'aurait rien laissé passer. Mon frère non plus. Lorsque le général eu fini son monologue, je pris place à mon tour. Centre d'attention de tous ceux qui se tenaient sur cette place. Il y eut le silence puis une parole.

« Cher peuple d'Azuriel.
Aujourd'hui, Panome vous guidera à travers mes paroles.
»

J'allai m'asseoir en tailleur sur le coussin doré que l'on m'avait préparé et fermai les yeux. Doute, mystère. J'espérais que Panome m'aide dans cette tâche. Puis je perdu contact. Comme transcendée. Quand mes yeux se réouvrirent, ils prirent une couleur rougêatre. J'appelai des personnes dans la foule que je ne connaissais pas. Je leur parlais d'une voix douce et rassurante. J'essayais de les guider au mieux. En leur prenant la main, je leur parlais de leur avenir radieux ou je cherchais à leur donner le bon même s'il y en avait peu. Dans les malheurs, il vaut parfois mieux se taire, n'est-il pas?

Chaque personne qui s'avançait vers moi recevait un baiser sur les mains de ma personne. Puis, tout en lui tenant les mains, je lui parlais, comme l'on parle à un tout petit. C'était comme inné. A la fin d'une prédiction, j'embrassais les heureux élus sur le front avant de les laisser rejoindre les autres villageois.

Une cinquantaine de personnes passèrent devant moi, je les considérais toutes et ce peu importe leur statut. Bien sûr, il arrivait que l'inquisition choisisse une personne avant mon appel. Bien sûr, ces personnes avaient dû payer grassement. Mais peu m'important, ils étaient tout de même enfants de Panome. Alors je m'exécutais.

Lorsque j'eus fini, je me relevai et remerciai notre Dieu d'avoir consacré du temps à son peuple. Le périple du jour n'étais pas fini. Nous devions encore nous rendre au temple où je reprendrais à nouveau à mes côtés une centaine de personnes. C'était loin d'être terminé.

Ainsi, le chemin se poursuivit, les soldats reprirent leur marche, mon frère devant, le général derrière. Malgré la protection de cette milice bien entraînée, je continuais à ressentir cette présence néfaste. Puis le vent m'amena les pleurs d'une enfant, me déstabilisant complètement. Je ne sais combien de temps il me fallut pour m'arrêter mais je fis stopper le cortège. Je balayai la foule d'un regard mais je ne la vis pas. Je me laissai tomber à genoux, le sol poussiéreux se souleva sous mon maigre poids et mon regard se posa à cet instant sur une enfant. Elle n'était pas bien haute, elle était frêle et surement personne n'avait fait attention à elle. J'ouvris mes bras lorsque je sus qu'elle m'avait aperçue. Elle vint jusqu'à moi et je la pris contre mon torse. Elle avait à peine 5 ans. En la touchant, je pus sentir ce qu'elle avait vécu, je pus voir son désarroi. Enfant de rien. Malmenée. Orpheline. Panome n'était pas resté insensible à ses appels. Je la serrai fort contre moi et l'embrassai pour lui donner un peu de réconfort.

« Ne pleure plus, petite princesse. Ton avenir sera radieux. Mais Panome est dur avec ceux qui on le courage d'affronter la vie. Garde espoir. »

Elle s'arrêta de pleurer. M'embrassant à son tour et me serrant de son étreinte. Cette petite fille serait forte, j'en avais l'intime conviction. Mais le vent me rappela une certaine menace...

La milice n'avait pas baisser sa garde, mais personne n'aurait pu vraiment prédire la suite. Personne, sauf un oracle. Mon don me permis de sentir le danger et de protéger la gamine qui était blottie tout contre moi. Fort heureusement pour elle. D'un mouvement, je l'avais fait danser pour me retrouver à sa place. Nouvelle envolée de poussière, la robe bleue tournoyant dans un mouvement grotesque, cette petite presque cachée par mon corps.

Je sentis une douleur dans l'épaule, vive et foudroyante. Mais j'étais incapable de bouger, je ne voulais pas qu'il arrive quoi que ce soit à l'enfant. J'entendais les habitants criés de panique. Pourquoi? J'essayai de rassurer un peu plus la gamine qui tremblait. Elle n'avait pas à avoir peur, Panome la protégeait de ma personne.



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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Ven 1 Mai - 23:52


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel - Jour 2



Le général s’arrêta en même temps que la jeune l’Oracle. Elle récupéra une petite fille dans ses bras, il ne comprenait pas très bien comment elle avait pu se retrouver sur le chemin, et l’embrassa doucement en lui murmurant des choses, certainement les paroles de Panome, pour qu’elle arrête de pleurer. Ce qu’elle fit plutôt vite, d’ailleurs. Le contact d’Azalée devait lui paraitre rassurant au milieu de toute cette agitation. L’œil entrainé du Général repéra un mouvement furtif sur une toiture voisine, et son instinct démarra au quart de tour. L’Ordre de protéger l’Oracle fusa avant même qu’il ne dégaine son épée, malheureusement, il avait dû s’y prendre trop tard, parce que l’air sembla siffler non loin de son oreille et que la foule avait l’air de crier de façon horrifiée. Il ne s’occupa pas de l’état d’Azalée, pas plus qu’il ne regarda si son ordre était respecté ; il ne fallait pas qu’il perde de vu cette silhouette noire qui avait l’air de se déplacer avec un certain malaise sur les toits du centre-ville. C’était sans compter sur William, qui connaissait ce secteur par cœur, pour l’avoir étudié maintes et maintes fois avant de laisser sortir l’Oracle de sa chambre.


Il s’efforça de calmer ses envies de meurtre et de réfléchir. C’était  assez difficile de penser posément quand c’était l’instinct et les réflexes qui passaient en pilotage automatique, mais il parvint néanmoins à se souvenir d’un petit passage, caché par les caisses d’un marchand voisin, à une rue d’ici. Il siffla les gardes qui se trouvaient à proximité et leur intima l’ordre de le suivre dans la ruelle partiellement encombrée, et il ne mit que quelque seconde à trouver ce qu’il voulait. Une magnifique échèle lui tendait les bras. Il grimpa aussi vite que possible, récupéra l’arbalète de l’un des hommes qui le suivait. Il mit en joue la silhouette, déjà lointaine, et pressa la détente, sans prendre le temps de viser. Le carreau toucha sa cible au milieu d’un saut, et le bruit de chute qui suivit permis à William se sourire tant la chance lui souriait. Il fit le chemin qui le séparait de l’agresseur par les toits et se lassa tomber aux côtés d’un homme qui essayait vainement de se lever, un carreau dans la cuisse et, visiblement, une jambe cassée.

Toujours avec le sourire, le général lui brisa le genou de sa jambe saine, laissant à l’appréciation de la population qui commençait à se masser autour d’eux les cris de douleur de sa victime. Prenant le temps d’apprécier chaque seconde des plaintes de cet homme, qui, William en était sûr, regrettait déjà ses actions, il attrapa le carreau fiché dans sa cuisse et commença à le tourner doucement. La petite séance de torture à laquelle le général se livrait n’était pas destinée pour son plaisir, mais plutôt comme un avertissement retentissant a grand cri : Quiconque ose défier l’inquisition, blesser un Oracle, s’en prendre à la papesse ou ferait n’importe quoi qui pourrait porter préjudice à Panome serait reçut avec les mêmes honneurs que cet homme. William termina son petit jeu en assommant le fuyard d’un grand coup de poing ganté de fer dans le visage et donna l’ordre d’embarquer le manant sans ménagement sur la place du village.

La rage encore visible sur son visage, il fit le trajet retour jusqu’à se trouver devant azalée qui n’avait pas lâché la petite demoiselle qu’elle tenait dans ses bras. Les soldats de l’inquisition avaient fait un boulot remarquable. Ils avaient déplacé l’oracle dans une maison à proximité, un endroit facile à défendre, ou elle pouvait être facilement couverte en cas d’une seconde attaque à distance. William entra et se rassura, elle était vivante et entière, malgré un empennage de flèche qui lui sortait de l’épaule. Elle donnait l’impression d’ignorer totalement la douleur, peut-être à cause de l’adrénaline, peut-être parce que Panome l’habitait encore… Qui savait, à part elle ? Il soupira pour se calmer et s’agenouilla auprès d’elle, cachant sa main droite dans son dos, encore pleine du sang de l’agresseur.

"Votre Grace, fit-il comme à chaque fois qu’il s’adressait à elle en public. Vous pouvez lâcher l’enfant, vous êtes en sécurité… "

Dans son dos, on installait déjà l’homme assommé sur une chaise. Quelqu’un ordonné qu’on apporte un seau d’eau pour le réveiller, l’interroger… William s’assurerait que l’Oracle retourne dans sa chambre avant de commencer l’interrogatoire.
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 0:29




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Les gardes m'avaient amenés rapidement dans une maison avoisinante. Je n'avais pas lâché la petite fille de mes bras. La garder en sécurité. Elle n'a pas à voir le sang coulé. Je ne sais combien de temps je durai à la tenir ainsi. Je ne sais combien de temps il fallut pour que le général revienne. Mais j'étais incapable de bouger tant que cette gamine tremblerait. Je continuais à lui parler dans le creux de son oreille. Je chantais les louanges du tout puissant tout en faisant abstraction de la douleur. Mon frère se tenait à mes côtés mais n'avait pas dit mot. Je le sentais tendu et énervé. Mais il devait garder sa place de soldat dans l'inquisition. Ici, il n'était pas mon frère.

Je n'entendis pas le général revenir mais il me sortit de mes pensées. Deux fantassins amenaient déjà le fautif dans la petite maison. Mon regard se tourna vers lui. Il était déjà bien amoché. J'appelai mon frère à mes côté et baissai ma tête vers l'enfant que j'avais toujours auprès de moi et je lui demandai un service.

« Tu vas partir avec ce jeune homme jusque dans mes quartiers, tout s'arrangera, tu es d'accord? »

La gamine acquiesça. Mon frère sortit de la maisonnée avec elle dans ses bras. Je redoutais les paroles du général. Mais je n'en avais cure. C'était comme si ma peur de cet homme avait disparue. Comme si Panome m'avait interdit d'avoir peur. Je me levai vers lui, gardant mon bras touché le long de mon corps.

« Général. Vous n'interrogerez pas cet homme. J'aimerais lui parler moi-même. »

Mon regard pourpre ne trompait pas. J'étais sûre de moi. Je le regardais droit dans les yeux sans trembler. Je n'étais plus la petite fille qu'il avait pu contempler plus tôt. Ou du moins, pas à cet instant. Je sentais une force en moi, bien plus grande que n'importe quelle peur pouvant exister. Et s'il n'était pas prêt à m'écouter, j'étais prête à lui faire ravaler ses paroles. Panome... tu fais des choses bien dangereuses avec moi...

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 1:39


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Azalée de Farel - Jour 2


Une fois que l’enfant eu été évacuée, le général se retourna vers ce qui serait certainement sa prochaine victime, lamentablement avachie dans une chaise aussi bancale que lui. Mais le plus urgent était de faire dégager au plus vite la jeune femme, qui avait toujours un carreau fiché dans l’épaule. William se retourna vers elle pour lui dire de se préparer, mais il se retrouva nez à nez avec une personne qu’il n’attendait pas du tout. C’était Azalée, physiquement. Mais la lueur rougeoyante dans ses yeux sonnait comme un air de défi, d’autant plus qu’il donnait l’impression de lui transpercer l’âme de part en part. Le général connaissait cette sensation pour l’avoir vécu sur le champ de bataille de nombreuse fois, mais tout de suite, face à une gamine qu’il aimait bien, il se sentait beaucoup moins sûr de lui.

"Général. Vous n'interrogerez pas cet homme. J'aimerais lui parler moi-même."

Le général fronça les sourcils, il entendit une épée cliqueter dans son dos, comme si un soldat venait de desserrer la prise de son arme, et quelqu’un à l’extérieur sembla s’étouffer. William n’était donc pas en train d’halluciner, Azalée lui demandait de parler à l’homme qui avait tenté de la tuer. Il affronta l’Oracle du regard pendant encore quelque seconde, comme pour tester la véracité de ses propos, puis se détourna vers deux soldats adjacents, un peu plus sûr de lui.  

"Toi, lança-t-il en montrant le premier du menton, va me chercher de la corde. Toi, dit-il au second pendant que le premier détalait déjà comme un lapin pour assurer sa mission. Trouve le Sergent Angua et dit lui de venir ici. Qu’elle prenne son matériel médical. Il serait bon que nous soignions votre blessure avant de l'interroger, votre grâce, mais je vois à votre regard que vous ne laisserez personne s’approcher. Tout le monde dehors, ordonna-t-il enfin."

Le premier soldat revint alors que le second partait. Rapide et efficace, sans que le général n’ai eu besoin de donner d’ordre, il attacha l’assassin à la chaise et lui versa le seau d’eau directement sur le crane. Il salua en sortant de la pièce. Pendant que l’homme se réveillait de son comateux et douloureux sommeil, William dégaina l’une de ses dagues et lui mis sous la gorge en se plaçant derrière lui.

"La Demoiselle va te poser des questions. Tu ne bouges pas, tu ne parles que quand c’est nécessaire, au moindre mouvement, je fais plus que te tuer."
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 2:11




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Le général dicta ses ordres à ses miliciens. Un de ceux-ci attacha solidement le pauvre homme à sa chaise et lui versa de l'eau sur la tête. Des techniques que je trouvais purement barbare. J'avais beaucoup de mal à me contenir. En vérité, si je n'avais pas été dans cet état, guidée par notre Seigneur, je pense que j'aurais été horrifiée par la simple idée de cette flèche dans mon épaule. J'aurais été clouée sur place en voyant ainsi le général hors de lui. Je n'aurais voulu qu'une chose, rentré dans cette chambre, enfermée par les quatre murs de pierre. Mais là, c'était différent. Je ne voulais pas me cacher. Je voulais combattre ce mal. Lorsque je vis le chef de la milice sortir sa dague pour menacer son prisonnier, mon sang ne fit qu'un tour.

« Général Rosace, je vous prie de veuillez à éviter tout acte de violence en ma présence. »

Ma voix s'était montrée forte et directe. Une modulation qui ne me ressemblait pas. Bien plus imposante que ma personne.

« Et je ne vous permettrai pas de tuer cet homme, Général. Si vous comptez faire preuve d'un acte, vous devrez en répondre devant Panome. »

Mes propos m'échappaient. Je n'avais aucune maîtrise de ce qui sortait d'entre mes lèvres. Ces paroles, ce n'était pas moi qui les voulait si outrageantes. Enfin si... je voulais l'arrêter, mais pas de la sorte. Je voulais éviter de voir le sang couler. Mais ça, ça aurait été impossible pour moi quelques heures plus tôt.

J'avais gardé mon bras contre mon corps, incapable de le bouger sous peine d'une vive douleur. J'étais peut-être devenue plus courageuse pour ces quelques instants, je n'étais pas devenue insensible. Lorsque le général fut reculé un peu plus loin, je m'avançai vers mon agresseur. Ma voix se radoucit d'elle-même. Mon regard semblait plus calme, moins agressif envers cet inconnu.

« Comment vous appelez-vous? »

L'homme se mit à pleurer. Il balbutia son prénom et quelques paroles décousues. J'eus du mal à saisir ses dire. C'est pourquoi je posai ma main sur sa joue, délicatement, réalisant une caresse sur sa mine trempée. Je pus voir ce qu'il me voulait. Une horreur parmi les mensonges. Une erreur pour un oracle. Je me sentis déchirée, submergée par une émotion trop négative que pour la contrôler.

« Je... Je suis désolée... »

Je me reculai de quelques pas. Et finis par m'écrouler sur les genoux, baissant la tête, vaincue. Le contact était rompu, j'étais redevenue la petite oracle des vents. Incapable de contrôler un don bien trop fort pour elle. Je ne savais pas ce qui allait arrivé à cet homme. Mais je ne voulais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Mais les paroles me manquaient... Je n'aurais plus su m'imposer face à l'inquisiteur qui se trouvait dans cette même pièce. Je me sentais fatiguée... Bien trop fatiguée...

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 15:39


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Azalée de Farel - Jour 2


Le couteau sous la gorge n’y resta pas longtemps. Azalée, visiblement possédée, menaça le général d’en répondre devant Paname si cet homme était blessé, ou s’il usait de violence devant elle. Si William avait un jour pu expérimenter la peur, il aurait certainement été terrifié à ce moment précis. Mais comme tout bon soldat qui se respecte, sa tête dure ne comprenait pas très bien les signaux que son cerveau terrifié lui envoyait. Au lieu de prendre ses jambes à son coup, il leva sourcil, cacha sa dague dans son dos et recula de quelques pas. S’il devait finir dans les tréfonds des limbes pour protéger cette petite, et bien soit, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Finir sa vie en combattant des hordes de démons assoiffés de son sang directement à la source. Une mort digne de lui, pour sûr.

Elle se rapprocha, dangereusement, de l’homme attaché. William avait confiance en ses hommes, il savait les nœuds solides, mais ça ne l’empêcha pas de s’avancer d’un pas tout en raffermissant sa prise sur son arme. Azalée sembla ne pas le remarquer, se contenant de demander son nom a l’assassin pleurant sur son sort. Elle lui toucha la joue. Pendant deux petites secondes, le temps sembla s’arrêter. Pendant deux secondes, le général regardait les yeux d’Azalée, plus rouge encore que le sang, plus brillants que le soleil. Pendant deux secondes, c’était comme si l’âme de l’Oracle brillait de mille feux. Puis tout s’arrêta. Elle tomba sur ses genoux, prostré, pleurant. Le général siffla une note courte et forte en s’avançant doucement vers Azalée pendant que les soldats entrèrent, répondant à l’ordre musical de William. Il s’accroupit à côté d’elle, la ramenant un peu plus près de lui pour lui offrir une épaule afin d’épancher ses pleurs.

"Vous me débarrassez les rues de tout le monde entre ici et la tour, ordonna-t-il en se tournant vers les soldats. Personne sur les toits à moins de 300 mètres à la ronde. Quand ce sera fait, vous mènerez cet homme, dit-il en désignant l’assassin, toujours en pleur, dans mon bureau. Si le moindre mal lui est fait, vous en répondrez devant moi. Mais tout de suite, trouvez-moi le Sergent Angua."

"Je suis là, mon Général."

Angua, petite brune aux cheveux courts et aux yeux noirs, était la médecin de bataille préférée de William. Outre le fait qu’elle défendait chèrement sa peau et son infirmerie à coup de masse, elle avait le don d’atténuer grandement la douleur. C’est comme ça que le général avait pu voir partir des centaines de ses camarades alors qu’ils avaient un sourire accroché au visage. Comment vouliez-vous avoir peur de la mort quand Angua était dans les parages ? Pour le coup, ils avaient juste besoin d’anesthésier l’épaule Azalée. L’opération ne dura qu’une dizaine de minutes, Angua prenant tout son temps pour tout désinfecter au maximum. La flèche laisserait une vilaine cicatrice, mais elle serait toujours plus jolie que si William avait lui-même arraché le carreau. Elle referma la plait d’Azalée très délicatement, comme s’il s’agissait d’un trésor, et lui banda doucement le bras et lui faisant tout un tas de recommandations, comme les médecins savent si bien les faires.

Quand tout le monde fut parti, que l’assassin avait été évacué vers son bureau, que les rues avaient été sécurisées, William se permit de déroger au protocole. Il sera un peu plus fort Azalée dans ses bras.

"Votre Grâce, finit-il par dire dans un soupir. Si vous pouvez, vous levez, vous avez une jeune invitée à retrouver dans vos appartements."
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 16:13




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Le général appela une certaine Anga pour venir me soigner après m'avoir prêté son épaule pour me réconforter. J'avais perdu pieds. J'avais du mal à saisir toute l'étendue de ce qu'il s'était passé. J'avais du mal à reprendre mon calme. La dame s'occupa de mon épaule et me banda ma plaie tant que le malheureux partait accompagné de garde. Je m'en voulais, terriblement. Elle me donna quelques consignes à respecter, je l'entendais mais les informations qu'elle me donnait n’atteignaient pas mon esprit brumeux.

Je me sentais vide. Complètement déboussolée. Le général me prit un peu plus dans ses bras. Mais même ça, je ne m'en rendais pas compte. Il me parla doucement mais là encore, je ne sus pas réagir. Je ne ressentais que la tristesse de cet homme, comme si elle m'avait envahie. Non, en fait, ce n'était même plus de la tristesse... C'était le désespoir. Et ce sentiment était né par ma faute. Cette idée me percutait de plein fouet. Je n'aurais jamais cru que mon pouvoir d'oracle apporterait autant de souffrance. Je n'aurais jamais cru faire autant de mal à quelqu'un... Je pensais que malgré les mensonges, mes dire donnaient du courage. Douce croyance. Déception sanglante. Mes prédictions n'apportaient de le mal. Pourquoi Panome?

Je restai là, ma tête collée à l'épaule du chef de la milice. Je continuais de trembler. Je me sentais tout aussi impure que les limbes elles-mêmes. Avais-je péché?

Un homme entra en trombe dans la maisonnée, un fantassin. Surement une jeune recrue. Il semblait paniqué, parlant vite et suant à grosses gouttes.

« Gé... Géné... Général...Rosace... L... Le prisonnier... Il... Il... Il s'est jeté sur une lame... On... Nous... n'avons rien pu faire... Général! »

Je fus prise d'une nouvelle vague de peur. Mon coeur se souleva à l'idée que cet homme ait pu se donner la mort. La boucle était bouclée. C'est homme aurait fini tôt au tard par regretter ses gestes, déjà qu'il regrettait sa vie. Était-il plus heureux maintenant, là où il était parti? Vu qu'il n'avait pas su me donner la mort, je supposais qu'il était parti dans le regret. J'étais vraiment peinée pour cet homme qui ne cherchait que justice par ses mains... Une vie pour deux enfants. Était-ce seulement équitable pour un humain ayant tout perdu?

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 2 Mai - 20:37


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Azalée de Farel - Jour 2


La nouvelle atteignit le général comme un coup de fouet. Que l’homme soit mort ne lui faisait personnellement ni chaud ni froid, il aurait même très bien pu se suicider en s’ouvrant le ventre à la petite cuillère, il n’en aurait eu cure. Ce qui lui importait à ce moment-là, c’était l’oracle qui sanglotait dans ses bras. En entendant ça, elle s’était agrippée plus fermement encore, si c’était possible. Le général en avait plus qu’assez d’êtres entouré d’idiots. Comment un homme attaché à une chaise avait-il pu se jeter sur une épée. Avait-il sans s’en souvenir ordonner qu’on le libère ? Non, il avait bien vu les soldats emmener l’homme encore attaché sur sa chaise. Alors pourquoi ? Plus important encore, pourquoi ce sfdjhsfhl de soldat n’avait pas attendu qu’il ne soit plus en présence de l’Oracle pour lui donner cette information ? Il se détacha le plus doucement du monde d’Azalée, pris le soldat par le col et sorti avec lui.

Au moment où la porte se referma, il laissa éclater sa rage, hurlant comme sur un champ de bataille. Il frappa le jeune soldat dans le ventre de sa main non gantée, lui attrapa les cheveux et commença à l’incendier comme il l’aurait fait avec n’importe quel idiot qui aurait tenté de jouer trop fort avec sa patience. Quand il fut calmé, il demanda la confirmation que les rues étaient sures, il se débarrassa de son armure et des deux cottes de mailles qu’il portait, les donna à l’un des incapables qui trainait par là, se retrouvant en pourpoint. Il ordonna qu’on enlève le corps de l’homme qui s’était suicidé et entra à nouveau dans la petite maison. Azalée n’avait pas donné l’impression d’avoir bougé. Il la récupéra dans ses bras, défonça la porte d’un coup de pied et entama le chemin vers la tour. Sans compter son escorte, tous très nerveuse, les rues avaient été vidées et l’inquisition avait la main mise sur tous les toits alentour.

Il marcha un moment, évitant soigneusement de passer à proximité d’une certaine tache de sang visiblement fraiche, et se retrouva vite au pied de la tour. Il grimpa les étages menant jusqu’à la chambre de l’Oracle, entra sans frapper, se faisant accueillir par une toute petite demoiselle à la mine confite, et un soldat, assez jeune, qui avait dû rester ici pour la garder. Il déposa la jeune femme sur le lit dans un geste doucereux. Il espérait sincèrement que Panome lui pardonnerait son incapacité du jour. Il allait de toutes façon devoir rendre des comptes a la Papesse, et n’arriverais certainement pas à aire dire à Azalée ce qu’elle avait vu en parlant à l’homme.

Bref, c’était la merde.
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Dim 3 Mai - 15:02




Sommeil







L'homme aux cheveux noirs me prit dans ses bras après être sortit comme une bombe en dehors de la bâtisse de bois. Ma tête reposait sur son épaule. J'avais l'esprit plus vide qu'un endroit dévasté par les limbes. Le général avait traversé la ville à grandes enjambées suivis de quelques soldats. Il monta rapidement les marches de la tour et arriva dans ma chambre où il alla me déposer sur le lit.

Je restai ainsi assise, sur le bord. La tête penchée pour regarder le sol. La gamine que j'avais fait venir plus tôt s'approcha de moi et me pris la main tout en venant s'asseoir à mes côtés. Elle ne dit mot. Elle posa juste sa petite tête blonde contre mon bras intact. Ce contact m'apaisa au plus profond de mon être. Quoi de plus pure qu'une enfant innocente? Le silence nous allait bien, perdue l'une et l'autre dans des pensées plus grandes que nous n'aurions pu l'imaginer.

Mon frère se tenait à l'entrée de la chambre et attendait les ordres du général Rosace. Je me demandais ce qui allait se passer à partir de maintenant. Je ne voulais pas que l'on me prive de l'enfant, du moins pas tout de suite. J'avais des choses à lui dire, des demandes à faire. Mais en cet instant, je n'aurais pu donner mes requêtes.

Je sentais au fond de moi que je n'avais pas fini ma mission du jour. Mais je ne savais pas combien de temps il me faudrait pour la terminer. Il me faudrait un peu de temps sans doute. J'espérais qu'une semaine soit suffisante. Mais j'attendrais de savoir redire mot avant d'en faire part à ce maître de la milice qui ce jour-là encore m'avait montré qu'il tenait à moi pour de bien étranges raisons.

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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Dim 3 Mai - 16:38


Aussi lumineux que le soleil



Azalée de Farel - Jour 2


William resta un moment dans la chambre de l’oracle, pour s’assurer que tout allait bien. La petite fille avait l’air de s’attacher à elle. Il se demanda si ça posait problème aux parents de la jeune fille qu’elle reste ici, puis décida qu’en tant que général, il n’en avait rien à faire.  Elle avait l’air de tenir à se coller contre Azalée, qui était-il pour briser le bonheur de cette petite ? Il ne la renverrait pas chez elle tout de suite. Il sortit en faisant signe au jeune soldat de le suivre, ferma la porte derrière eux et lui ordonna de monter la garde pour le reste de la journée. Il enverrait une relève dans la soirée, pour que le jeune inquisiteur puisse prendre du temps libre. Le général partit sur un signe de tête.

Il passa le reste de l’après-midi à rédiger des rapports de punition. Un pour le garde qui devait se trouver sur le toit du délit, mais qui avait préféré disparaitre pour aller manger un casse coutre, un pour le soldat qui n’avait pas attendu que l’Oracle ne soit plus là pour dire que l’assassin s’était donné la mort, Et un dernier pour l’idiot qui avait dégainé son épée alors qu’il avait demandé à évacuer l’homme dans le calme.  Il envoya une flopée de lettres par pigeon voyageur et messager, pour mettre au courant la Papesse et l’administration, et termina sa journée en défonçant des mannequins d’entrainement à grand renfort de tout ce qui lui passait sous la main. Chaise, table, soldat de l’inquisition, cuillère en bois… Il partit se coucher, encore très énervé par sa journée. Les deux jours suivants ne se passèrent pas vraiment mieux, mais au moins, personne n’avait encore attaqué qui que ce soit.

Il revint voir azalée trois jours après l’incident. Il frappa à la porte, histoire de ne pas débarquer comme une fleur au milieu de pleurs et de cris, et dans ce cas, le malaise aurait été palpable. Il attendit patiemment à la porte.
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MessageSujet: Re: Aussi lumineux que le soleil {William} Sam 9 Mai - 9:26



Ce qui a été commencé
Doit être terminé






Les trois jours qui avaient suivis furent calmes. Je poussai ma réflexion sur ce que j'avais vécu. Je devais terminer ce que j'avais commencé, c'était certain. La gamine ne m'avait pas quittée depuis. Elle était restée à mes côtés. Mon frère lui avait apporté quelques jouets pour qu'elle ne s'ennuie pas, à ma demande. Parfois, je lui expliquais ce qui allait lui arriver, ce que j'imaginais pour elle. C'était important qu'elle sache qu'elle aurait un jour, un rôle à jouer.

Lorsqu'on vint frapper à ma porte, au troisième jour, j'étais en train de brosser les cheveux de la petite. Je n'arrêtai pas mon geste régulier malgré que j'avais dit à mon invité d'entrer.

La venue du général ne m'étonnait pas. Mais j'étais occupée par la petite poupée assise sur une chaise en train de se faire pomponnée. En entendant le claquement sur la porte, elle avait sursauté mais je lui avais posé ma main sur son épaule pour qu'elle reste en place. Ça ne servait à rien de s'inquiéter. Pas pour l'instant.

Le Général entra alors et je lui fis un geste de tête tout en continuant à faire attention à ma protégée. Je devais avoir une mine fatiguée. Je n'avais plus bien dormi depuis l’événement. A force de réfléchir, j'en avais oublié de dormir. Puis, le visage de cet homme porté par la douleur, me hantait toujours.

Je savais que le général venait surement pour deux raisons. La première pour connaître mon état. La deuxième, c'était pour l'enfant que j'avais recueillie. Une explication s'imposait et je supposais que c'était une des dernières fois que je l'aurais ainsi à mes côtés.
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